Louer son smartphone : le nouvel eldorado des entreprises ?

15/01/2019

Si le smartphone fait clairement partie des dépenses indispensables, rares sont les consommateurs pouvant sortir un gros billet pour s’en procurer. Selon UFC Que Choisir, seulement 11 % des Français se sentent aptes à dépenser plus de 600 € pour leur smartphone. Les smartphones au prix inférieur à 200 € concernent quant à eux 38 % de la population.

Face à ce constat, les opérateurs ont axé leur stratégie sur des offres permettant de payer le moins cher possible son mobile. Les forfaits tout inclus ont d’abord été lancés, puis progressivement des offres locatives ont vu le jour. Ce service de location a ensuite été de plus en plus démocratisé par de nombreuses plateformes. En vue du succès de ce business model, quelques marques de smartphone s’y mettent également à leur tour. En quoi ce service est une bonne option pour les consommateurs? Et qu’on à gagner les marques? Voyons de plus près l’ampleur de ce phénomène.

La location de smartphone : une alternative intéressante pour les consommateurs

Un smartphone est certes devenu aujourd’hui essentiel pour tout à chacun, mais son prix lui, reste toujours aussi élevé. Les opérateurs ont contourné ce problème il y a déjà longtemps en proposant des forfaits téléphoniques réduisant le prix du téléphone. Mais ça ne suffit plus. Le consommateur aspire désormais à se libérer pleinement de la pure notion d’acquisition. En louant plutôt qu’en achetant, il va pouvoir varier les plaisirs en ayant toujours un mobile neuf entre ses mains. Ainsi, ce n’est plus la peine d’attendre la fin de vie du matériel pour profiter d’un téléphone neuf. La location permet de combler ce nouveau désir.

Le principe de la location mobile est assez similaire aux autres business model de l’abonnement. L’utilisateur règle un premier cachet, allant de 100 € à 400 €, puis est soumis à un loyer mensuel. Selon la marque du smartphone et l’opérateur mobile, le prix de la location peut varier. Un contrat d’abonnement est alors signé et implique un engagement, le plus souvent de 24 mois. À la fin dudit contrat, le consommateur peut alors changer de téléphone, ou bien l’acheter. Sachant qu’un usager garde généralement son smartphone entre 2 et 3 ans, ce système lui permet de toujours bénéficier d’un modèle haut de gamme, neuf et dernier cri.

Quels sont les avantages pour les marques?

On serait alors la même mécanique qu’un leasing de voiture. La marque renforce sa fidélité avec son client, et s’assure un revenu récurrent chaque mois. Mais l’économie réalisée par le consommateur n’est pas si intéressante. Car si on fait le calcul des sommes versées durant ces 24 mois, le coût global de la facture est supérieur au prix du smartphone. Tout en sachant que si le téléphone n’est pas rendu en état, le consommateur subira une pénalité financière pouvant grimper à plus de 150 €.

La question est alors, en quoi est-ce véritablement un bon plan pour les consommateurs? Tout simplement, car ils payent avant tout un service plutôt que le smartphone lui-même. Avoir l’opportunité de jouir d’un smartphone qu’ils ne pourraient pas s’offrir a de quoi attirer. Et savoir qu’au bout de deux ans ils pourront utiliser le dernier produit du marché l’est tout autant. Le désir d’acquisition est de plus en plus éloigné des priorités des Français. Plus libre, plus malléable, cette formule plaît.

Un business model déjà bien implanté

C’est donc Free qui a lancé le mouvement en 2013. Considéré à l’époque comme le petit révolutionnaire du mobile, Free a osé une offre de location quelque peu marginale. Puis de plus en plus d’autres opérateurs ont calqué ce business model en démocratisant cette formule de location. SFR, Bouygues, Orange, la majorité des opérateurs proposent désormais la location de smartphone à leurs abonnés.

Outre les opérateurs, les marques de téléphone ont elles aussi adopté ce système. C’est le cas de Samsung, qui a lancé un service dédié à la location en mai 2016 : Up2You. Mais là où la marque se distingue, c’est dans l’engagement appliqué. Soit le gros point noir des offres de leasing. Le consommateur signe un contrat pour 24 mois, mais a l’opportunité de changer à sa guise son smartphone dès le quatrième mois de location. L’intérêt est sans conteste de pouvoir toujours avoir dans sa poche le dernier modèle du marché. Le consommateur reste ainsi fidèle à la marque pendant deux années tout en ayant un smartphone récent en main.

Des distributeurs se sont également emparés du business model. C’est le cas de la Fnac, de Lokeo, le service de location de Boulanger ou encore du spécialiste Uz’it. L’approche est la même avec des durées d’engagements plus ou moins longues. Serait-ce la fin des offres mobiles des opérateurs ? Nous n’en sommes pas encore là, bien que la location semble être de plus en plus en accord avec les nouveaux besoins des consommateurs. Et le revers de la médaille pour la marque est plus que positive : fidélité accentuée, revenus récurrents et crédibilité.

On voit alors que cet engouement pour la location dépasse les frontières des opérateurs mobiles. Il semble aujourd’hui essentiel de mettre en place de véritables alternatives à l’achat. Le consommateur est de plus en plus volatile et désire profiter des dernières tendances sans se délester d’une grosse somme d’argent. La location de smartphone rejoint cette idée en lui soumettant une formule adaptée et pleinement malléable.

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